Le 20 septembre 2006
File de voiture interminable qui se trainent doucettement. Parkings complets et places libres inexistantes. Ne restent que les places pour livraisons. Escalier vide et salle d'attente neutre. Attente longue, pleine d'impatience. Des portes s'ouvrent et se referment. Le tribunal s'éveille brusquement, des procédures en cours, des demandes exigentes, légitimes et utopiques.
Deux heures s'écoulent. Mon avocate vient enfin me chercher et nous attendons devant la porte du JAF. Un détenu, entouré par ses deux gardiens, est déjà présent et devrait passer avant nous si l'avocat de la partie adverse arrive. C'est le cas, notre tour est repoussé. Je retourne dans cette salle d'attente sempiternelle. Je recommence à attendre, les minutes s'égrennent sans que rien ne se passe.
Au bout d'une heure, mon avocate revient vers moi et nous refaisons le même chemin. Le bâtonnier nous ouvre la porte, j'entre, mon avocate se range à mes côtés.
Devant nous, un JAF, mon JAF. Celle qui avait rendu le jugement de mon divorce et de celui des droits de mon enfant. Enceinte. Celà jouera-t-il en ma faveur ? Celà l'atteindra-t-elle ? Prendra-t-elle conscience de l'enjeu de ma requête pour mon fils ?
Etre enceinte est une des plus belles choses qui puissent arriver à une femme. Ressentir la présence de son enfant, le sentir bouger. Une autre perception du monde, une autre perception de la vie. Une faculté de deviner les sentiments des autres. Une faculté d'empathie presque effrayante. Une faculté d'être dans sa bulle magique.
Nous avons mis tous nos espoirs dans cette action en justice. C'est la seule, du moins pour l'instant, qui soit jouable.
Mon avocate explique notre requête, la défend. Le JAF argumente, commente. Affaire expédiée en dix minutes après trois heures d'attente. Verdict le 23 octobre. Que le temps va être long.....